Memories are gone. The images are here.
Exposition personelle, septembre 2026, Invisible Galerie, Marseille, France
Le titre de l’exposition reprend une phrase de Jonas Mekas : « Memories are gone. The images are here. And the images are real! ». Chez Mekas, l’image filmée devient une forme de réalité immédiate, tandis que la mémoire s’efface. L’image ne conserve pas le souvenir : elle devient une présence autonome du vécu.
Mon travail s’inscrit dans un mouvement inverse. Je pars des images pour fabriquer de la mémoire. À partir d’archives personnelles et familiales, mais aussi d’images provenant de mes proches, je transforme ces fragments par le dessin et différents processus de dégradation et de reconfiguration. Ces images ne sont pas des souvenirs fixés. Elles sont des états en circulation. Elles se mélangent à des images mentales, à des projections, à des situations non documentées ou encore à venir. Elles circulent entre perception, mémoire, imagination.
Les images présentées dans l’exposition sont frontales, sans hiérarchie ni distance. Elles n’organisent pas un récit, mais une constellation de présences suspendues. Elles ne montrent pas des événements, mais des états de transformation. Dans ce cadre, chaque image est pensée comme une forme de valeur absolue : elle est dépouillée de toute échelle positive ou négative, de toute hiérarchie émotionnelle ou narrative. Elle existe dans une intensité autonome, indépendante de ce qu’elle représente ou de ce que l’on pourrait en interpréter.
Ainsi, les images ne figent pas le monde. Elles le révèlent dans son mouvement permanent. Elles témoignent d’un état où mémoire, relations et perception se refont sans cesse, sans point d’origine fixe ni conclusion stable.